Vous voici donc réunis à l’issue de cette messe solennelle qui marquait la quarantième anniversaire de prêtrise de votre archiprêtre Dom Guy Agneessens. Et, tout rempli d’indulgence, le Conseil paroissial de St-Paul a fait choix de votre humble serviteur pour porter l’hommage de votre attachement et de votre reconnaissance à notre distingué Jubilaire. C’est une tâche difficile devant l’étendue de ses mérites et les dimensions de son talent.
Un mot simplement, et ceci est une chose que peut-être beaucoup d’entre vous ignorent, c’est sa première destination. Le lendemain de son ordination, Monseigneur Himmer le nommait à Tournai, vicaire de la paroisse de la Madeleine. Mais il n’a pas eu le temps de s’y installer. Le Collège St-Vincent de Soignies ayant besoin d’un jeune prêtre de plus, c’est là qu’il était envoyé une semaine plus tard. Il devait y rester plus de vingt ans dont les dix dernières années comme Principal. Principal, ne l’oublions pas du plus important Collège de notre diocèse. Je ne me laisserai pas tenter de vous conter tout ce qu’il a pu faire là-bas, ce n’est pas mon propos, mais l’importante délégation de Sonégiens qui nous a rejoint pour cet anniversaire dit assez quel souvenir il y a laissé.
Nous sommes à St-Paul et c’est de son action pastorale chez nous pendant près de vingt ans qu’il s’agit. Si je devais faire référence à l’Evangile, j’évoquerais la Parabole des talents. Cette Parabole, je l’ai toujours trouvée un peu inquiétante, tellement elle est exigeante. Non, nous ne serons pas jugés tous sur un modèle standard, mais sur les dons, autrement dit les talents que l’on a reçus à la naissance et dont il s’agira de présenter le bilan devant le grand Comptable éternel. Et là, voyez-vous, en ce qui concerne notre Archiprêtre, oh là là… croyez-moi, je suis bien tranquille. Certes, des talents, il en a reçu énormément mais il ne les a pas enfermés dans le secret du coffre d’une banque. Non, il les a partagés avec un très grand bonheur. Tout jeune, déjà à l’école et au patronage, il était un garçon rieur, même peut-être, à l’occasion un petit peu farceur. Et, à l’exemple de quelqu’un qu’il aime beaucoup, je parle de St-François d’Assise, il est vite devenu un semeur de joie. Et tous ceux qui l’ont approché de près et, dites-moi, vous tous qui êtes ici, ne l’avez-vous pas connu et apprécié de près ? Et cela ne vous a peut-être pas frappé parce que vous vous y êtes habitués tout de suite : avec Dom Guy, on a toujours beaucoup ri.
Et je me demande, voyez-vous, s’il n’était pas sous influence d’une culture que j’appellerais volontiers Sa culture pagnolesque. Et j’ose faire un parallèle entre notre Archiprêtre et Marcel Pagnol. D’abord, ils étaient l’un et l’autre des fils de Maîtres d’école. Monsieur Alphonse Agneessens était grand dans tous les sens du terme et c’était un chrétien qui menait ses élèves de l’enseignement publique à la messe du dimanche. Joseph Pagnol, lui, c’était un laïc mais l’un et l’autre avaient une très haute idée de leur tâche d’éducateur et l’art d’enseigner les belles lettres. Les Kainois savent ce qu’il doivent de l’histoire de leur village à la plume de Monsieur Alphonse. Et n’est-ce pas plus dans son subconscient, que de l’avoir lu dans les livres, que Guy Agneessens a toujours été fidèle au rire, à la joie?
Et je ne peux pas passer sous silence tout à la fois l’émotion et la joie qu’il fait si souvent passer dans notre assemblée lors de ses prêches du dimanche. Et notre Jubilaire a très vite découvert le secret de captiver et d’émouvoir les foules. Et ce qu’il nous enseigne, il le fait avec un enthousiasme contagieux. Ce n’est pas un docteur de la Loi, il n’emploie pas un langage de fiction mais nos cœurs se laissent facilement envahir par l’immense joie d’espérance que rayonne son propos. Et l’un d’entre vous, parmi les plus anciens, me confiait dernièrement que, du bout de son banc qui se trouve le long de notre merveilleuse vitrine, qui donne sur la nature du Bon Dieu, en partant de la petite fontaine du baptistère, entourée des belles fleurs que depuis toujours, celle qu’on appelle Madame Aline, orne avec autant de talent que de cœur, eh bien, me disait-on, il m’arrive de voir se lever au cours de certaines déclarations de l’Archiprêtre, avec ses mots si bien assemblés, qu’on pourrait en faire des pages d’anthologie, il m’arrive de voir comme un arc-en-ciel partir de notre église et s’ouvrir sur cette belle nature et sur le monde comme une flèche qui nous mènerait à la porte du Paradis.
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