Le Cardinal de Belgique vient de rappeler pour les Chrétiens, la condamnation du divorce. J’avais toujours accepté cela et ne l’ai jamais recommandé à mes enfants. Quoique… Mais aujourd’hui, il me paraît difficile – au moins dans l’Eglise de Belgique – et peut-être ailleurs ? – de rester sur cette position. Elle est condamnée par des actes que pose aujourd’hui l’Eglise.
En effet, je fais allusion aux jugements, aux annulations de mariage que prononce l’Officialité. Hier, un mariage était déclaré nul quand il n’avait pas été consommé. Mais depuis, on a inventé une nouvelle raison : l’erreur sur la personne.
Je suis marié depuis bientôt 50 ans, il est impensable d’imaginer que ma femme et moi, si nous venions à nous brouiller – ce qu’à Dieu ne plaise – nous ne trouvions pas l’astuce de démontrer que nous ne sommes plus de mêmes caractères qu’au temps de nos accordailles. Alors, ça se passe comment ? Un couple bat de l’aile – dans bien des cas, il y a déjà, d’un côté ou de l’autre, une idylle d’amorcée – et on décide de se séparer. Et puis dans nos familles chrétiennes, ce sont souvent les parents (notre génération) qui conseillent la consultation de l’Officialité. Quand on découvre qu’il y a erreur sur la personne, on annule le mariage. Bon ! Les parents disent alors « il faudrait régulariser votre situation et vous marier à l’église, comme ça, vous pourrez continuer à fréquenter les Sacrements, et, mais ça on ne le dit pas, « on ne perdra pas l’image que nous avons d’être une bonne famille chrétienne ». Mais alors…
Mais alors, il faut recourir au divorce parce que sans cela, on ne pourra retourner à l’Eglise. Et voilà… l’Eglise aura provoqué un divorce alors qu’Elle le condamne. Vrai ou Faux ?
En effet, je fais allusion aux jugements, aux annulations de mariage que prononce l’Officialité. Hier, un mariage était déclaré nul quand il n’avait pas été consommé. Mais depuis, on a inventé une nouvelle raison : l’erreur sur la personne.
Je suis marié depuis bientôt 50 ans, il est impensable d’imaginer que ma femme et moi, si nous venions à nous brouiller – ce qu’à Dieu ne plaise – nous ne trouvions pas l’astuce de démontrer que nous ne sommes plus de mêmes caractères qu’au temps de nos accordailles. Alors, ça se passe comment ? Un couple bat de l’aile – dans bien des cas, il y a déjà, d’un côté ou de l’autre, une idylle d’amorcée – et on décide de se séparer. Et puis dans nos familles chrétiennes, ce sont souvent les parents (notre génération) qui conseillent la consultation de l’Officialité. Quand on découvre qu’il y a erreur sur la personne, on annule le mariage. Bon ! Les parents disent alors « il faudrait régulariser votre situation et vous marier à l’église, comme ça, vous pourrez continuer à fréquenter les Sacrements, et, mais ça on ne le dit pas, « on ne perdra pas l’image que nous avons d’être une bonne famille chrétienne ». Mais alors…
Mais alors, il faut recourir au divorce parce que sans cela, on ne pourra retourner à l’Eglise. Et voilà… l’Eglise aura provoqué un divorce alors qu’Elle le condamne. Vrai ou Faux ?
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Tournai, le 9 décembre 1999.
Monsieur le Cardinal,
J’ai toujours apprécié la pratique de votre Magistère et j’en fus d’autant plus proche quand vous avez écrit « Prier en famille » et que j’ai eu la joie d’imprimer (Artistic).
Je suis préoccupé des problèmes de famille car mon épouse et moi sommes riches de 7 enfants et de 17 petits-enfants. Mais on eut beau faire, même de la catéchèse avec nos aînés, nous n’avons que 3 enfants mariés, les autres vivant en couples et 7 de nos petits-enfants ne sont pas baptisés. Ils ne sont pourtant pas idiots puisque l’un dirige une école libre, un autre est cinéaste et notre aîné est député depuis six mois.
J’ai un jour apprécié votre « a-cléricalisme » lorsqu’à Tournai, dans le cadre de la Biennale du Livre religieux (la dernière !), vous êtes venu présenter votre ouvrage cité plus haut. Vous avez parlé durant une bonne demi-heure et puis avez déclaré « maintenant, je vais m’arrêter et nous allons converser tous ensemble, car il y a dans cette salle, beaucoup de papas et de mamans qui en savent plus que moi ».
C’est cela qui m’autorise à vous interpeller à propos de votre récente communication sur le divorce.
Je vous livre en annexe mes réflexions à ce sujet.
Je sais que vous ne m’en voudrez pas et vous prie de croire, Monsieur le Cardinal, à mon très respectueux attachement.
Pol Guilbert
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Malines, le 21 décembre 1999.
Cher Monsieur,
J’ai bien reçu votre lettre du 9 décembre. Je comprends votre réaction dans une manière fort délicate où les déviations possibles sont si nombreuses. Je prie avec vous pour vos enfants et petits-enfants afin qu’ils découvrent leur route vers Dieu et vers les autres.
Concernant ce qui s’est écrit récemment concernant ma position vis-à-vis des divorcés remariés, il ne peut vous dire que le point de départ en est une conférence que j’ai donnée en octobre dernier à St-Louis des Français à Rome au sujet de mariage et de la famille. Je n’y ai pas abordé la question des divorcés remariés. Sauf en réponse à une question posée par l’auditoire. Le journaliste présent de « La Croix » a retenu uniquement ma réponse à cette question, la rendant de façon beaucoup moins nuancée que les paroles que j’avais prononcées. Son article a servi de base aux comptes-rendus ultérieurs.
Quant au problème que vous posent les « annulations de mariage », vous serez sans doute d’accord pour dire que, si un mariage a été conclu sur des bases fausses, il doit être considéré comme nul. Ces situations sont d’ailleurs examinées très soigneusement – sans laxisme ni indulgence – par les tribunaux ecclésiastiques. Bien sûr, comme en toutes choses humaines, des abus et tricheries sont possibles.
Croyez, cher Monsieur, à mes sentiments cordialement dévoués dans le Christ.
+ Godfried Cardinal Danneels,
Archevêque de Malines-Bruxelles

