lundi 3 mai 2010

Georges Landrieu

Sombre dimanche 2002 (12/02/02)

Mon cher Georges,
Ainsi te voilà parti, cette nuit, doucement, sans faire de bruit. Cela te ressemble assez. Connaissant ton état, j’ai été content que tu aies arrêté de souffrir. Mais c’est toujours trop tôt pour ceux qu’on aime, tous ceux qui t’aiment et celle et ceux que tu as aimés. D’autre part, tu meurs à Tournai, ce que tu souhaitais. Certes, tu aurais pu faire comme le père Emile et jouer les prolongations, mais on ne choisit pas. Tu as eu une longue vie, une enfance et une jeunesse épanouies. Grâce à Chantal, la seconde moitié de ta vie d’adulte fut paisible. Le bilan est positif.
Je parle de ta jeunesse. On se connaissait depuis toujours. Nous sommes nés sur le même trottoir : rue de Lannoy et Drève de Maire. Et puis, tout nous a rassemblés : famille et patro. Au patro, on a choisi les mêmes options de services, notamment les planches. Les quelques succès que nous y obtenions étaient payés d’avance, car il fallait y mettre un coup pour les préparatifs : théâtre à monter (deux fois par mois), décors, mobiliers, répétitions. Je me rappelle, c’était pendant la guerre, nous avons passé une nuit de Noël aux préparatifs pour le lendemain mais pour la préparation, on ne chauffait pas, on n’en avait pas les moyens malgré les miracles que faisait l’abbé Debraquelaire pour taxer les bourgeois et mendier à tous de quoi faire vivre un patro qui comptait, à cette époque, une petite centaine de membres (Poupons, Cadets, Grands et Anciens). On ne se reconnaissait aucun mérite à faire ce que nous faisions parce que… c’était comme ça ! Le jour de la fête, on était applaudis et puis c’était tout. Et le lendemain, on remettait tout en place.

Nous avons suivi les cours du soir à l’école industrielle : comptabilité, correspondance commerciale. Tout en étant très studieux, il nous arrivait de correspondre d’une table à l’autre parce qu’on avait trouvé une idée pour un prochain sketch… J’écrirais trois page sur ce thème-là, mais à quoi bon ? Nous étions tellement heureux de ce que nous faisions que cela ne demandait aucune rémunération, de mercis ou de gloriole.
Tu as toujours eu une allure élégante et cela t’a donné la possibilité de jouer les jeunes premiers très longtemps. Je n’oublie pas qu’après le patro, il y a eu la troupe des Jeunes Sociaux Chrétiens. Toujours, en rendant quand même service, on s’est bien amusé. Pourquoi n’ai-je rien oublié de ce qui te concerne ? En bon joueur de ping-pong, le chauffeur de jeep de la Military-Services ? Sans doute parce que nous partagions une amitié sans failles comme c’était la règle de St-Louis : « Toujours s’aimer comme de vrais amis, c’est le serment des gars de St-Louis » Tralala Tssin Tssin !
Georges, c’est la première fois que je ne te dis pas « à bientôt ». J’ai en effet l’ambition d’aller te rejoindre le plus tard possible… Mais j’ai quand même le cœur gros et je te dis : «
A toujours ! »
Pol

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